Scandale Volkswagen, l’idée d’une agence européenne ressurgit au Parlement européen | Idea of European agency re-emerges in European Parliament's discussions on Volkswagen scandal

05. September 2016 zur Übersicht

Artikel erschienen am 2.09.2016 über die Agence Europe | Französische und Englische Version

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Scandale Volkswagen, l’idée d’une agence européenne ressurgit au Parlement européen

 

La députée Karima Delli (Verts/ALE, française) a proposé de mettre sur pied une autorité européenne indépendante de surveillance des marchés qui mènerait ses propres tests, dans son projet d’avis sur le règlement consacré à la réception et à la surveillance du marché des véhicules à moteur qu'elle a présenté à la commission des transports, jeudi 1er septembre. Cette proposition a été accueillie avec tiédeur. « Ce règlement est essentiel. J’insiste. Il est essentiel », a lancé la députée en guise d’ouverture de sa présentation, regrettant l’absence de nombre de ses collègues. Pour Mme Delli, l’un des points principaux des amendements apportés au projet de la Commission (EUROPE 11476) est celui de la création d’une agence européenne inspirée du mode de fonctionnement de l'agence américaine 'Environmental Protection Agency' (EPA).

Cette nouvelle agence serait capable de garantir une surveillance de marché « performante » au niveau européen, de mener des tests dans ses laboratoires et de tenir compte des résultats obtenus par des laboratoires indépendants. Elle disposerait d’un budget propre « à la hauteur de l’enjeu, des personnels dédiés et nombreux, des infrastructures propres pour un fonctionnement indépendant et bénéficierait de l'appui renforcé du Joint Research Center (JRC) ». La nouvelle autorité de surveillance pourrait même exiger des autorités nationales le rappel des véhicules et l'établissement d'un régime de compensation et de sanctions.

Sans surprise, l’accueil réservé à la proposition a été plutôt froid. À droite de l’échiquier politique, Roberts Z?le (CRE, letton) et Werner Kuhn (PPE, allemand) ont estimé qu'une telle agence est superflue, et engendrerait des coûts supplémentaires. Les sociaux-démocrates ne semblent guère plus enthousiastes. Pour Ismail Ertug (S&D, allemand), il n’est pas possible de créer une telle agence à l’aide d’un règlement. Il s’est dit contre l’existence d’une institution qui pourrait adopter des actes délégués. Inés Ayala Sender (S&D, espagnole) a considéré qu'une telle initiative ne devait pas être la priorité dans l’immédiat, mais elle n’a pas rejeté le projet pour le long terme. Michael Cramer (Verts/ALE, allemand) a, pour sa part, salué la proposition en insistant sur l’indépendance financière de l’autorité.

La représentante de la Commission européenne, tout en saluant le travail du rapporteur « qui va dans le sens de ce qu’a proposé la Commission », s’est dite inquiète par ladite proposition. Pour rappel, la commissaire à l’Industrie, El?bieta Bie?kowska, interrogée par EUROPE en début d’année, avait déjà indiqué qu’une telle autorité n’était pas souhaitable (EUROPE 11476). La Commission lui préfère en effet le système de 'peer-to-peer' entre États membres à travers lequel les États membres se contrôlent les uns les autres. Un tel modèle a été largement critiqué par les eurodéputés.

Parmi les autres amendements apportés par Mme Delli, citons : - le renforcement de l’encadrement de l’usage des dispositifs d’invalidation ; - la systématisation des rappels des véhicules et des sanctions ; - la mise au même niveau des normes de sécurité et normes environnementales ; - l’harmonisation des services fournis dans la chaîne d’homologation des véhicules entre les États membres (qualité, niveau de technicité, prix, indépendance et transparence), séparation stricte des rôles et des responsabilités entre constructeurs, services techniques, et autorité de réception.

Enfin, nombre de députés se sont dits étonnés de la volonté d’aller très vite de la Commission et ont exprimé leur volonté que soit adopté le rapport une fois achevé le travail de la commission d’enquête EMIS sur le scandale Volkswagen (EUROPE 11612).

 

 

Idea of European agency re-emerges in European Parliament's discussions on Volkswagen scandal

 

On Thursday 1 September, Karima Delli MEP (Greens/EFA, France) proposed that an independent European market monitoring authority be set up, which would carry out its own tests.  Delli put this forward in her own draft opinion on the regulation for the approval and monitoring of the motor vehicles market, which she presented to the transport committee on Thursday 1 September. Her proposal was given a lukewarm reception. As part of her opening presentation, Delli regretted the absence of many of her colleagues, saying "this regulation is essential.  I insist, it is essential".  For Delli, one of the main points of the amendments to the Commission draft (see EUROPE 11476) involves setting up a European agency based on the way in which the US "Environmental Protection Agency" (EPA) works.

This new agency would be able to guarantee "effective" market monitoring at a European level, carry out laboratory tests and take into account the results obtained by independent laboratories.  It would have its own budget, "appropriate to the task in hand, an adequate task oriented staff, and an appropriate infrastructure for operating independently and with boosted support from the Joint Research Centre (JRC)".  The new monitoring authority would even be able to call on the national authorities to withdraw vheicles and develop a compensation and penalties system.

Unsurprisingly, the welcome given to the proposal was rather cool. From the right of the political spectrum, Roberts Z?le (ECR, Latvia) and Werner Kuhn (EPP, Germany) said that such an agency was redundant and would generate additional costs. The social democrats did not appear any more enthusiastic either.  Ismail Ertug (S&D, Germany) said it would not be possible to set up an agency by way of a regulation.  He said he was against the kind of institution that could adopt delegated acts.  Ayala Sender (S&D, Spain) said that such an initiative should not be an immediate priority but did not reject the project in the longer term.  Michael Cramer (Greens/EFA, Germany), however, welcomed the proposal, highlighting the need for the authority to be financially independent.

Although the European Commission representative welcomed the work carried out by the rapporteur, "which goes in the direction outlined by the Commission", she said that she was worried by the proposal.  It should be pointed out that the commissioner for industry, El?bieta Bie?kowska, in an interview with EUROPE at the beginning of the year, had already said that this kind of authority was not desirable (see EUROPE 11476).  The Commission would prefer a "peer-to-peer" system between member states, through which member states exercise control amongst each other. This kind of model was subject to widespread criticism from the MEPs.

The other amendments introduced by Delli include: - strengthening the framework for using defeat devices; a systematic approach for withdrawing vehicles and imposing penalties; environmental and safety standardisation; the harmonisation of services provided in the vehicle approval chain between member states (quality, technological level, prices, independence and transparency), a strict separation of roles and responsibilities between manufacturers, technical services and approval authorities.

Many MEPs said that they were astonished by the Commission’s determination to move ahead swiftly and expressed their own support for the adoption of the report, once the work of the EMIS investigation committee into the Volkswagen scandal has been completed (see EUROPE 11612).